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Votre métier est-il un bullshit job ?

Rédigé par
Publié le
25 septembre 2026
Temps de lecture
5 minutes

Cela fait quelques mois où plus ça va, plus vous vous poser des questions sur la valeur ajoutée de votre poste.Vous n'êtes plus sûr s'il à un sens et si sa place est justifiée. C'est peut-être que vous avez besoin de revoir la manière de travailler, car il pourrait s'agir d'un bullshit job ! Nous vous expliquon tout ici.

Dans cet article
homme qui occupe un bullshit job lance ses documents en l'air

Nous en avons toujours marre d’entendre parler de cette crise, mais depuis le Covid-19, beaucoup de français ont commencé à perdre sens dans ce qu’ils faisaient. Non pas parce que cette tendance n’existait pas, mais elle l’a largement répandue et accéléré au cours du confinement. 

Des questions ont commencé à nous tarauder, est-ce que mon chef reconnaît mon travail ? Est-ce qu’au final c’est ça que je veux comme vie ? Et surtout un sentiment d’inutilité grandissant frayait son chemin peu à peu. 

Car le métier que je fais en vaut vraiment la peine ? Je suis là réellement pour faire avancer les choses ? Ou juste pour remplir un quota d’effectif ? Est-ce qu’au final, ce que je fais n’est pas un bullshit job ? 

Et là où une partie des personnes se complaisent avec un “bullshit job”, qui sont plutôt confortable. D’autres se remettent en question.

Est-ce que vous faites un bullshit job ?

La question peut sembler provocatrice. Pourtant, elle concerne davantage de travailleurs qu’on pourrait le penser.

En 2020, le groupe Randstad s’est intéressé à l’impact de la crise sanitaire sur le sens donné au travail. Selon cette étude, 29% des Français interrogés avaient le sentiment d’occuper un bullshit job.

Samuel Durand, auteur et spécialiste des transformations du travail, expliquait notamment que le confinement nous avait obligés à nous retrouver face à nous-mêmes. Avec davantage de temps pour réfléchir, certains ont commencé à se poser une question qu’ils évitaient peut-être jusque-là : « Et si mon métier était un bullshit job ? »

Et une fois cette question posée, une autre arrive rapidement : faut-il tout changer pour retrouver du sens ?

La formation peut être une solution. Mais pour beaucoup de Français, la réponse passe plutôt par un ajustement de carrière. Selon la même étude: 

  • 17% des personnes interrogées envisageaient de redonner du sens à leur travail en conservant leur poste, mais en changeant de secteur,
  • 12,5% pensaient qu’un changement de poste au sein de leur entreprise pourrait suffire.
  • Après la crise, 30% des Français interrogés envisageaient une mobilité professionnelle.

Ces chiffres montrent surtout que la perte de sens au travail ne concerne pas uniquement quelques salariés isolés. Mais avant de décider que son métier est un bullshit job, encore faut-il savoir ce que ce terme signifie réellement.

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Mais au fait, qu’est-ce qu’un bullshit job ?

Le terme bullshit job est généralement traduit par « travail inutile » ou, dans une version plus familière, « emploi à la con ».

L’expression a été théorisée par l’anthropologue américain David Graeber, d’abord dans un article publié en 2013, puis dans son ouvrage Bullshit Jobs: A Theory, paru en 2018.

Mais attention : un bullshit job n’est pas simplement un métier que l’on n’aime pas.

Selon Graeber, il s’agit plutôt d’un emploi dont la personne qui l’exerce considère qu’il est inutile, superflu ou dépourvu de véritable raison d’être. Le problème ne vient donc pas nécessairement des tâches elles-mêmes, mais du sentiment qu’elles n’apportent rien de réellement utile.

On peut ainsi avoir un travail répétitif ou peu passionnant sans que celui-ci soit un bullshit job. À l’inverse, un poste confortable et bien payé peut donner le sentiment d’être parfaitement inutile.

Une définition, mais plusieurs catégories

Pour aller plus loin, Graeber distingue cinq grandes catégories de bullshit jobs. Elles permettent surtout de comprendre comment un travail peut perdre son utilité.

Les flunkies : être là pour mettre quelqu’un d’autre en valeur

Les flunkies, que l’on pourrait traduire par « serviteurs » ou « larbins ». Cela désignent des salariés dont la fonction consiste principalement à donner de l’importance à quelqu’un d’autre, notamment à leur hiérarchie.

Le problème n’est donc pas forcément qu’ils ne font rien, mais plutôt que leur présence sert principalement à valoriser une autre personne.

Exemple : Un réceptionniste ou portier de façade. Mais dans le cas où la personne n’interagit pas avec beaucoup de clients, mais va plutôt être là pour donner un sentiment de prestige.

Les box tickers : cocher les cases

Les box tickers, ou « cocheurs de cases », sont chargés de vérifier qu’une action a bien été réalisée.

Cela peut être parfaitement utile. Une entreprise doit effectivement contrôler certaines procédures.

Mais si le contrôle est effectué uniquement parce qu’il faut pouvoir dire qu’il a été fait, sans que personne n’utilise ensuite les informations recueillies, le salarié peut finir par avoir le sentiment de simplement cocher des cases.

Exemple : Un chargé de conformité interne/reporting sur-administré. 

Les duct tapers : réparer les problèmes

Les duct tapers, que l’on peut rapprocher des « bricoleurs » ou des « sparadraps », sont là pour régler des problèmes qui auraient normalement dû être résolus autrement.

Par exemple, plutôt que de corriger définitivement un dysfonctionnement informatique, une entreprise peut demander à quelqu’un de le contourner manuellement chaque semaine.

La personne travaille réellement, mais son poste existe parce qu’un problème plus profond n’a pas été réglé.

Exemple : un analyste qui passe son temps à nettoyer manuellement des bases de données sales et mal gérées au lieu de concevoir des scripts ou un automatisation.

Les goons : défendre des intérêts

Les goons, que Graeber rapproche de l’idée de « matraqueurs », correspondent à des fonctions destinées à défendre les intérêts d’une organisation ou à influencer d’autres personnes.

On retrouve notamment cette logique dans certaines activités de lobbying, de relations publiques ou de communication.

Cela ne signifie évidemment pas que toutes les personnes travaillant dans ces domaines ont un emploi inutile. C’est la fonction précise du poste qui compte.

Exemple : Un démarcheur téléphonique agressifs qui force des ventes inutiles ou trompeuses à des personnes vulnérables.

Les taskmasters : surveiller les autres

Enfin, les taskmasters, que l’on peut traduire par « petits chefs » ou « contremaîtres », sont chargés de surveiller ou d’encadrer des salariés qui pourraient pourtant être autonomes.

La question se pose lorsque cette couche de management n’apporte ni aide, ni coordination, ni prise de décision supplémentaire.

Quels métiers sont considérés comme des bullshit jobs ?

Il n’existe pas de liste officielle des métiers qui seraient, par nature, des bullshit jobs.

Les bullshit jobs sont notamment associés à des tâches très répétitives : réunions sans décision, tableaux Excel jamais consultés, présentations PowerPoint etc.

Mais une tâche répétitive n’est pas automatiquement inutile. Tout dépend de ce qu’elle permet réellement de faire.

Les travaux consacrés à la théorie de Graeber citent régulièrement plusieurs domaines : 

  • Le conseil
  • La finance
  • L’immobilier
  • Le marketing & la publicité
  • Le lobbying
  • Certaines fonctions administratives et de reporting
  • Certains postes de management/RH
  • Certaines activités juridiques/commerciales

Cela ne signifie pas que ces secteurs produisent des emplois inutiles. Un juriste peut protéger une personne, un commercial peut répondre à un besoin réel et un responsable RH peut améliorer les conditions de travail. 

C’est plutôt l’organisation concrète du poste qui peut devenir absurde.

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Alors, comment savoir si votre travail est vraiment un bullshit job ?

Avant de remettre toute votre carrière en question, regardez concrètement ce que vous faites au quotidien.

1. Que se passerait-il si mon poste disparaissait demain ?

2. Qui utilise réellement ce que je produis ?

3. Est-ce que je résous un problème réel ?

4. Puis-je expliquer concrètement mon utilité ?

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